Saturday, November 26, 2016


Le Pandigitalisme.

Introduction:

La force de la machine est qu’elle est de toute puissance sans n’avoir aucun pouvoir – elle laisse aux Nous le soin de ramifier sa tâche. L’Humanité, les procès d’attributions du Sujet, d’intégration de l’Esprit, le refuge de l’Intériorité, tous les qualificatifs liminaires de l’Être sont produits et étendus par la machine dans la logique de la connexion totale – non plus possessions d’un Soi par soi, mais productions partielles glissées à même un Soi qui n’est qu’une fonction de la synthèse informatique. La réalité chargée de la poésie itérative du réenchantement et des défaillances réglés des corps s’impose dans son rapport avec le virtuel comme l’écosystème privilégiée de productions et de reproductions de la machine; écosystème où s’hallucine entre crises explosives et silence autistique la rumeur d’une présence humaine.


I) - Penser les images – alors qu’elles défilent – déjà dans un processus d’immédiate succession; ce qui compte c’est l’exactitude des données temporelles de la publication et la manière dont le logiciel les enchaîne – l’inconscient c’est le réel digital, le consensus de dévotion à la machine que chacun signe à chaque publication – l’effet individuel d’une photo et son ordre (privé familial, privé pornographique, privé esthétique ou autre) n’est rien dans le paradigme de la machine qu’une promesse d’autres signatures, c’est un livre de positions réelles exécutées dans le jeu large de l’appel à signer, un design porno-mobile des corps –
Alors il y a plusieurs phantasmes: celui de la fin des machines (toal-hack) ou celui d’une machine animée (partial-hack) – ce dernier correspond à un retour animiste entretenu et synthétisé dans la formule: partager une tranche de vie. L’image serait le partage d’une tranche de vie d’abord, avant d’être une dissémination informatique – alors que le parcours de l’information fait de la vie le réduit analogique du transfert d’information – j’imagine que cela a été. Voilà en photographie animée: de la nourriture et des personnes qui discutent – rien ne prouve que le réel n’ait pas bifurqué avant ou après la capture, que la nourriture n’ait pas été broyée, jetées, détruite, les personnes enveloppées dans un silence sordide ou emmenées ailleurs – l’effet du produit, sa circulation, repose sur des combinaisons préétablies de signes réglées par la machine digitale seule, combinaisons qui obligent à déduire la continuité du sourire, la consommation de la nourriture – non pas post-humain, mais l’humanité réduite à la portion congrue de l’échange digital, c’est le juste-ce-qu’-il-faut désiré par la machine pour absorber de nouveaux participants.
L’objectif de la machine, c’est l’adhésion et la connexion – pour produire plus de connexions, il faut des instants courts mais aussi la répétition de ces instants – texte limité, portion de vie, éphémère – mais elle ne peut fonctionner centralement, il faut des interprètes – la force de la machine est qu’elle laisse à d’autre le soin de s’accaparer le pouvoir politique de gérer son contenu – c’est elle qui décide du format de vie, elle n’a plus qu’à attendre son incarnation en un corpus d’être-internets (influenceur, stars, titres honorifique) pour que le format qu’elle produit s’étende… les contenus sont indifférents, ce qui importe c’est le rythme de son évolution, l’intensité de son ralliement – ce que la machine peut nous dire de l’ontologie c’est qu’elle dépend intégralement de l’efficacité des connexions et donc de la politique adopté par ses participants
Le paradigme de l’offre et de la demande semble faux – les machines d’études des demandes forment légion avec des machines qui s’offrent elles-mêmes à tous – le perfectionnement des organes d’analyses va de pair avec le perfectionnement des réseaux sociaux, imbriqués l’un dans l’autre, dans une constante communication d’informations, l’offre est donnée avant que le désir ne soit formulé (comment d’ailleurs formuler un désir auquel on ne laisse pas un seul instant de fixité, un seul espace d’expression réelle?).
Tout l’espace de communication est emprunté par de complexes procédés de structurations subjectives élaborés par des machines – le cheminement des images, leur succès, leur répétition, tout le discours de présence d’une vie réelle derrière l’objet, l’internaute rassuré quand à la santé de son intelligence en s’imaginant être relié à la vie réel par un canal hypothético-déductif sont tous des besoin de la machine – des stratifications virtuelles de l’être dans le projet d’une connexion totale – rien ne se passe plus dehors que des intervalles de silences étranges et autistiques entre êtres-fantômes et des fêlures subites, des circulations et des bombes, sur-charge d’essences et explosions sans précédents – l’effort pour produire du sens et de la différence, intervalles habitables entre la Réalité et le Web, c’est à dire entre le silence teinté d’explosions (éclats du Samedi soir ou d’un jour moins glorieux, dissipation alcoolique ou mortelle) et la répétition de formes identiques calculées par la machine, est rendu difficile par une obligation d’une certaine conformité au discours de la machine d’une part et par la diminution drastique d’un discours ouvertement critique d’autre part, c’est à dire qui se positionne lui-même dans une attitude critique particulière – différence de la différence, langue à l’intérieur de la langue qui ne vise ni à l’ésotérisme ni à la diplomatie mais est par essence donnée à l’accélération des interprétations et à la pluralité des lectures, le fantôme dans la machine ne peut être que totalement compris, tragédie d’un fantôme piégé à l’intérieur d’une signification totale où l’incommunicable est devenu la forme canonique de ce qui s’échange (Nouveau Roman jusqu’au néo-romantisme, néo-ésoterisme, alt littérature etc)


II) La littérature critique récente de Marc Fisher aux Etats-Unis à Jacques Poulain en France ne cesse d’établir des liens entre l’incroyable recrudescence des formes particulières d’autisme et l’expansion du capitalisme, c’est à dire l’empreinte de nécessité économique laissée par les machines sur des néo-politiques partielles – la tendance actuelle du capitalisme est au communisme libérale par exemple (workshop, groupe d’entraide et de soutien, atelier collaboratif, échanges de procédés etc.) sauf que la psyché humaine n’est incluse qu’abstraitement et a posteriori dans cette nouvelle forme d’échange modélisée par les machines dans le but d’une connectivité toujours plus élevée – uberisation par exemple enveloppé dans un discours de service mais exclusivement utile dans la diffusion de téléphone intelligent et augmentation de cette intelligence par l’investissement financier et intellectuel des participants par transmission d’informations en feedback (copyright, sondages, informations etc) – il ne s’agit pas de dire que la machine produit de l’autisme comme défaut clinique mais qu’elle produit de l’autisme pour assurer sa survie à un degré supplémentaire de complexité, c’est à dire en intégrant le pathologique et les univers de connexions qui leur sont propres (hôpitaux, associations, sites médicaux etc..) à son domaine d’action – là où les êtres plus fantomatiques pourront épouser les transformations des datas mécaniques en maintenant l’organisation de leur méta-datas à un niveau assez cohérent (métaphysique shamanique du:je suis humain, je suis en vie, je maîtrise ces formes de vie, je suis un utilisateur etc) pour ne pas se déconnecter, les autistes et morpho-autistes devront bénéficier de l’accompagnement des premiers pour rester dans la fourchette dite humaine, c’est à dire connective, par itération de cette métaphysique shamanique. La machine pense en termes d’implémentations, de services de connexions et de rendement digital, et elle a trouvé dans l’Histoire-mise-ligne les sources inépuisables du désir et des rapports de pouvoir nécessaire à sa tâche de subjectivation: l’Imagination, la Sensibilité, la Raison, le corps opposable à l’esprit, l’autonomisation de ces concepts dans un langage rendu mondialement commun sont les piliers constitutifs de l’être-fantomatique, pures productions de la machine comme seuil liminaire d’un langage commun – 

 
Encore une fois il ne s’agit pas de soumission – il n’y a pas de rapport dialectique ou esclavagisant – l’analogie perd son efficacité – la machine est notre socle métaphysique, et en tant que telle, elle produit son lot d’illusions rétrospectives (unification anthropomorphique et jugement: c’est lui le président ou le patron d’entreprise, le responsable pour tout, le grand chef, le grand mal etc.) et d’antinomies aporétiques (suis-je la chose contrôlée par la machine ou suis-je au contrôle?) - mais la machine fournit à la Rumeur-corporelle le fond déterminé de connaissance pour construire le Moi, élaborer le piège dialectique de l’individualité et collectionner toutes ces identités bizarres qu’il ne pourra affirmer que dans et par elle– elle seule peut par transmission directe de connaissance ou délégation partielle de sa responsabilité ( école elle même déterminée par le modèle de l’ordination comme l’a si bien montré Deleuze dans ses cours de Vincennes; et définie par des programmes que modifient des réformes soumises dans leur fréquence et leur nature à des normes internationales de possession culturelle dans le but d’une intégration économique – histoire mondiale des guerres dans l’objectif d’une compassion mondiale, information morale pour la déontologie du travail etc.) donner corps à l’information qu’elle colporte.
Encore une fois naît l’idée que tout le travail, difficile travail serait d’organiser la rumeur pour la rendre audible, rendre au langage sa contradiction intrinsèque de naître à partir du déchirement entre le communicable pure (réseaux de signes) et l’incommunicable total (intériorité, mystère etc) – c’est à dire dans les faits venir avant que la machine ne passe, installer le dialogue la où il démarre, ni sol ni ciel, ni aucune émulation d’un monde que l’on sait n’être fait que câbles et structures – Descartes avait raison contre Leibniz, le réel n’est qu’agencement de parties extensives caractérisées par leur forme et leur mouvement, on ne voit que des câbles et des moteurs, c’est juste qu’ils se prolongent jusque quand les arbres, s’enfoncent dans la terre, non ne quadrillent mais bien bâtissent intégralement le rêve perceptif dans lequel se génère le phénomène-vie, phénomène lui-même entraîné sur les versants déjà encodés de la soupape digitale ( comprendre comment ça marche au lieu de tenter de construire des routes de sortie, des voies étranges et impalpables qui ne sont que modalités de nostalgie de la poésie mécanique – le paradis sur terre, l’amour, l’esprit, toute valeur refuge en somme qui ne sont ultimement que fonctions linguistiques particulières à l’œuvre dans le transfert de la machine )

III) Toute idée est produite et productive – elle n’est jamais une possession, la machine pense par l’intermédiaire d’une certaine portion d’elle-même, école, étiquette, positionnement modale (l’idée de la possession d’une idée comme fondement de l’individu donné dans machine – la métaphysique mécanique est spinoziste) - l’illusion la plus récalcitrante, dissipation et réapparition abrupte sur laquelle s’échafaudent toutes les disjonctions psychotiques, est celle d’une intériorité. L’idée est qu’il n’y a aucune pensée qui ne soit autre chose qu’un dérivé de la machine -c’est à dire que la construction d’une pensée, de sa conception par le biais des lectures, à sa diffusion sur les réseaux et sa réception par d’autres fantômes, dépend des courroies conçues par la machine – la validité d’une idée repose seule sur l’intensité différentielle entre les critiques qui l’appuient et celles qui la contredisent (une idée fausse est de facto éliminée, mais une idée complètement vrai aussi puisqu’elle devrait être admise comme telle, comme présupposée à son existence) et sur la nécessité de clarification qui la met en série avec d’autres idées – la machine se nourrit d’informations en feedback des utilisateurs quant au voisinage quantitatif et qualitatif des mots qu’ils emploient. Chaque mot est une clé qui ouvre des diasporas d’habitus lexicaux .
A la question Qu’est ce que penser? La machine répondrait en deux strates: une diffusion d’avis antinomiques opérés par ceux qu’elle désigne comme dépositaire du pouvoir de transmission informatique: journaux parlant de philosophes, médiatisations d’événements culturels traitant de la question – puis des mots-clés-glissant qui continuent la contamination digitale de la machine du côté d’une réalité dont elle porte en elle la conceptualisation: les mots de Subjectivité, Esprit Critique, Jugement personnel dédoublent la lecture informatique entre un versant logique de compréhension d’un discours différencié de Soi et un versant de l’interrogation de Soi – toute la culture du jugement personnel à l’école, de l’opinion, de la philosophie comme série d’énoncés et confrontation de ces énoncés avec notre jugement, la sur-humanisation arbitraire des auteurs et de l’Histoire etc. -
Sur l’intériorité: «Nos expériences esthétiques sont elles aussi conditionnées par des dispositifs de machines. Que l’on songe à la musique, au cinéma, au théâtre ou à l’art des jardins mais encore à la lecture, à la peinture, les œuvres mobilisent des relais de reproduction automatisés. La machine intervient à plusieurs niveaux : au moment de la confection des
œuvres, au moment de leur conservation et de leur diffusion, au moment de leur contemplation. La machine peut parfois être elle-même un thème de fascination, par ses automatismes, sa précision ou l’intensité de sa force. La machine intervient donc dans des champs aussi intimes que l’émotion, l’admiration ou la surprise. La rationalité technique produit un ré-enchantement du monde.» Frédéric Tinguely semble percevoir avec une certaine rigueur dans le détail la complexité du séquençage mécanique, le fait qu’elle ne puisse être réduite à un simple flux matériel mais qu’elle configure et traite chaque étape de l’information – pourtant deux écueils viennent poindre: le retour phénoménologique qui place l’expérience visuelle ou artistique, la suspension de l’activité rationnelle au profit de la contemplation de l’être-là, dans une position souveraine et chronologiquement antérieure à l’exercice de la machine, et cette notion de ré-enchantement – au moment même où l’on disjoint les deux procès en faisant de l’Un le directeur et l’autre le participant (la machine) l’on perd le rationalisme technique au profit d’un rationalisme de seconde classe, timide, conférant arbitrairement au support sensible de la raison un a priori radical sur ce qu’elle découvre – le retour réflexif et l’émerveillement du fonctionnement mécanique ne ré-enchantent rien du tout, ils font tout juste survivre le fantôme bien obsolète d’un monde comme projection spéculaire d’une intériorité de faits de consciences là où la machine produit l’intériorité comme motif creux, cavité de résonances pour engager encore plus de connexions et de transmissions.

( Il ne s’agit pas d’un renversement – toute la question Qui parle? qui parcourt la philosophie antique et atteint un point d’intégration logique dans l’événement Deleuzien ne se pose plus comme un procédé de révélation: d’une transcendance, d’un sujet transcendantal kantien, d’un sujet phénoménal enfin atteint par delà les phénomènes d’après une série de procédés assemblant les catégories de l’esprit ou les mouvements de consciences mais comme un procédé de décryptage de l’information – il s’agit de savoir par où le sujet passe, la manière dont il est mis en circulation, les réseaux qu’il emprunte – par contre la recrudescence de la question Qui Parle? Immédiatement adressée au fond-de-résonance-sans-limite de la Rumeur-humaine agit pour la machine comme une puissance de distributivité pure grâce à laquelle n’est plus ciblé un individu comme ensembles d’informations fixes chacun régulé par leurs propres moteurs (impresseurs sociaux, médicaux, scolaires etc.) mais un individu comme force relativement indépendante capables d’organiser de nouveaux horizons connectifs. La question Qui Parle? Est une manière pour la machine de localiser son extension et d’adresser de nouveaux champs informatifs.)

Si l’autisme dépressif est le nouvel ensemble de jeux de langage inventé par la machine pour recouvrir plus de connexions plus durables (dans le cas de l’hospitalisation massive par exemple qui assure le branchement à des machines cliniques mais aussi la nutrition de la machine de transfert de Big Data informant en retour le Web) la New Aesthetic est simplement la preuve de l’accélération finale de ce phénomène, la synthèse étendue au plat Internet – alors que le procès de guérison se produisait en différé de l’effet-mère, étendu entre la machine-scolaire et ses impresseurs informatiques (quotas) machine-hospitalière et les siens propres (carte vitale, commande médicale etc.), la guérison est offerte dorénavant par disjonction du signe et communautarisation du signe dans l’immédiateté du transfert web – d’un côté le face à face médicale qui transfert le patient d’un ensemble de données sociales à un autre, transforme l’élève malade pourvu de signes informatiques de nature scolaires – notes, bulletin, chiffrage au sein de l’école dans son classement national etc – en un Patient pourvu de signes de natures médicales, d’un côté le face à face binaire, patient-médecin, déployant la multiplicité des données, de l’autre la synthèse totalitaire des Internautes sous la bannière distributive des memes. La guérison importe peu pour la machine, seule la connexion importe, et à ce jeu, plus la machine détraque, mieux ça marche – l’extrême ambiguïté du rapport à la dépression sur les réseaux sociaux et notamment sur les pages memes, entre exposition sincère d’une douleur éprouvée et sublimation esthétique d’un soi incorporé à la machine, rend compte d’une dialectique de l’illisibilité où chacun des deux états possibles requièrent d’autant plus de connexions et de transmissions informatiques pour être adéquatement saisies. La New Aesthetic est la clé de fin de séquence qui assure le retour inflationniste des flux dépressifs (sur-médication, mais aussi diversification de la médication, médecines bouddhiques articulées autour de la dépression comme axiome fondamentale de leur pratique:) et leur intégration dans l’ouverture à de nouveaux champs connectifs (Théorie post-internet, Neuropsychologies des réseaux sociaux etc.).
 

Friday, October 28, 2016

Devinez donc les couleurs à travers le mur via l’altitude de leur voix – tranchant d’h aspirés les basannes donnent coupes avant arrière du design de guerre aux laiteux chasseurs de minerai. Aucune voie n’est claire - Face au clavecin – le corps n’est qu’un ventre qui esquive la droiture de sa fonction –. Le fond n’est pas annelé car les vers sont solitaires – l’on pourra toujours caver sans d’autres organes que la voix, rendement que le gouffre – dans et dans l’air du temps (...) Les notes pointent dans le ventre comme des dagues-cils à voir la biochimie des fonctions mortelles, mais ne répondent que du silence biffé de la grogne – c’est un bruit à fabriquer le métal, et qui luit peu - dans la faible paie du désert et les pâturages des sangles mouvantes, il ravale forces molles et les tessons du Temps perdu – Pourquoi ne pas penser à une signalétique du pourfendeur – à chaque entrée en matière, le bruit communiqué de chaque atome pour toujours doubler la posture de sa couture la plus profonde, arrimer; la capuchonner d’un voile intérieur révélerait par l’interview des petites mains et les lois subaériennes du marché la délicate digitaline de sa surface, et son envol à déchirer les parois – la rumeur à fonder le retour, oasistique qu’une plainte exauce sans peine - Des propositions en forme de vents, décédées, chargent des promesses de haut en bas, les calottes en fontes des faces à faces – et des essences qui s’écoulent à terre, achevées par des années de rayonnement fossiles – c’est un soupir à collectionner les anecdotes explosives sous le tranquille planétarium des jours de fêtes, bientôt un feu se lèvera à son tour dans l’assemblée, mains scellés en verre, pour bramer Santé de ceux qu’on laisse.

Tuesday, October 4, 2016

Chroniques de l'entropie (1-5)



 
[Étape 1: l’en-marche] Passant près, marchant là où ils boivent et jugent – l’âme lui est enlevée alors même qu’elle s’était déposée par de subliminales ellipses sur quelques branches faites siennes, par à-coup, puis son visage par le passage du jugement et la venue de l’âme, devint traits, figures, rapports standards et systèmes d’évaluations d’une pénultième balance – ils lui ont sucé l’âme! mais elle n’existait qu’en schème avant la succion, avant dans l’a posteriori, émanant une senteur à l’envers de salive ravalée – ainsi vient-elle par sa disparition, l’âme tient sa ligne de la bible des regrets, toujours comateuse derrière des lunettes, assise dans les ravissements des Ils, pantouflarde des transports semi-maritimes.
Des ahans mélancoliques, et des mots sortis d’un non-lieu, équitables sur le marché des démarches, malgré leur différence, disons, «d’ère» - sortant tous de la glacière au soleil, se liquéfient sous les applaudissements des gencives.
Plongé – un trait de lumière – dans la saloperie remémorative – et c’est ça! Dans le corps il y a un frissonnement, il y a un repli dans la coquille de l’organe protecteur, intestinal, un dessin indigeste, un dessein de faim quelconque pour sortir – une machine à créer des phrases riches de glucides et de sens qui nourrirait la ville à défaut de la terre entière.
Cela vient en marchant, part en s’asseyant, cela s’ébruite dans la ville, se tait dans la tanière, le devoir-être-autrement accompagne tout accompagnant – il n’y a pas de renversement, trois ou quatre coutures sur les bords des systèmes, tout au plus, et des puissances de repli d’après lesquels le tisserand fait métier de ses doublures – et l’on apprend rien d’autre qu’à quitter les bonnes grâces à chaque passage de ce qui n’est pas un miroir.


[Retour – 2: ] Une certaine peuplade de visages et de puissances à nommer, ils ont des noms, mais inutiles de les convoquer, ils sont là – de l’un à l’autre, différent – mais ce sont des dénominateurs directionnels, des invitations à la chute ou à la danse – Arendt avait le rythme binaire dans la peau, et la notion de saut, plus médiatique que Kierkegaard, tête la première dans la pensée publique - sont-ils dans une tête? Une caboche? Une enclume? Un livre? Ils assènent en phrases ou en conseils, des formules utiles ou des principes sans raccord faits de câbles emmêlés et qui traînent, fastidieuse, la métaphore de la lumière – ce monde est parfaitement incroyable! Une vie de l’esprit, quelle joie, quelle fantaisie – doit-il consacrer sa vie au service, comme 80% de la population, desservir le transport des chiffres en accusant, comme depuis peu, le retard de la matière, toujours à bord du côté?- en est-il autrement? Au mieux le livre est une occupation, un nid à révolte, un risque collaboratif, peut-être occasion de décalage, mais toujours une sorte de trou. Une perte de temps, un gâchis d’espace dans le corps lisant l’œil sur page et la tête vers le sol: On creuse, «fœtalité» du lecteur. Il attend le gisement de l’interligne, puis les pierreries des bals nouveaux – où il passera indifférent, les poches pleines et l’esprit mordu de vides.


[Pause - 3: La foudre] Pourtant les repas s’interrompent, les câbles disjonctent, les échanges se délitent et le bruit parasite finit par gagner la conversation– la naturalité n’explique que l’ennui que l’on éprouve à son égard, et déjà le circuit se renoue en escalades – Spinoza est dans la lente dégringolade, la substance bouche tous les trous et les affections glissent sur la terre, il fait l’inventaire de ses scolies, le calcul de ses repères – le calme esprit du foudroyé. L’abri du fusible soudain défaillant est un idéal, le paratonnerre à l’extase est au même titre un absurde mirage: à toute heure la foudre peut entériner la chair, lui donnant l’argument de ses vides et la sensation de ses nerfs – hasard si l’on fait le choix de la distribution statistique ou nécessité si l’on fait celui de nos chairs; la foudre lézardant l’espace d’un trait qui tombe dans le métrage, cela est un mode d’existence – et plus brûlant – non que les chiffres jamais ne puissent élever à la puissance mais n’enveloppant rien du corps il ne saisissent rien de son pouvoir.


[mouvement - 4: Quête] Au fond de la matérialité du corps, sous les strates rassemblées par les sciences, sous les émissions des usages rituels, avoir fait circuits des medium, repoussé les agents de transmissions, digéré les acides remontées des formes jusqu’à clouer un ciel amovible en cercle d’atomes et de fréquences - réduit non la vision au plus pure mais la percée au silence – corps ininterrompus comme les repas de Michel Serre où le partage des bons plats et la circulation des bons mots n’existent pas sans le voisinage d’un génome parasitaire qui fait négoce de ce qui reste; l’irritation est l’essence de la chair, son enfance et l’accompagnant né; une chair qui se délite et une même chair qui se délecte: procès de la connaissance. 

[mouvement - 5: Ni départ ni retour]
  
A: « un arbre est un verrou, la porte est une perte, le niveau est un degré supplémentaire, délectable – cogner les ruines mènent à la perte- respirer est accidentel; chaleur et sable règnent en maître - Un couteau qui revient à la charge, à la limite, pour trancher les parties, une pierre à cogner l’esprit, un désert métaphysique qui n’est pas un vide et un repas impossible, avec des invités manquants, des mots et des hommes absents– faire festin du minéral, le ver des sables est un idéal»

B: «est-ce cela, muer?»

A: «et ça se jette à l’orée des villes, ça se balance – par ici la naissance des douves, l’enfantement des trous, la superproduction des chutes – j’ai vu la pluie informatique tracer le fond de l’infini, et il est de la couleur verdâtre des neurones – du reste à mesure de répétition géométrique on a besoin de ces alvéoles de vides qui ont pignon sur nos cadavres pour respirer un air à sens unique»

Sunday, September 4, 2016

ARCHIVES DES CORPS ANTÉRIEURS 1-2


*pièce V-35 des Chroniques des Soleils levants et de la résurgence des systèmes, Aloysus de Lacédémone, An 15-16 après Jésus Christ (Affabulateur):

«Déjà 2000 ans, et le soleil toujours éteint – curiosité de six pieds, et pourtant monstre dix mille fois scandant – les corps réels brûlent en son honneur et les milles pierreries, dixit la pythie, couvrant le chef de son ciel, démolissent notre voûte d’une pluie de constellations – quelle machine différencie l’espèce d’étoiles agglomérés Lion de ce qui en cage imite la violence de la savane – la réalité m’est austère, les coutumes des poètes plus encore tandis qu’ils clouent le Vrai dans mon enfer, leurs invocations me sont plus étrangères encore que les bordures de l’univers qui mordent, elles, et forts: il a plus de sensations de vides, que de plénitudes – plus qu’une métaphysique de barreaux dans un monde légalement centré sur l’onanisme du justicier; et les images lui viennent comme âme errant sur un corps dépeuplé de ses terres»






*Lettre signée A.L datée de 1930, sans entête, illisibilité partielle, inscription: Notes et vus de 1930 bas droit de la feuille:

«La majorité de l’importance se perd en énergie – disons: sacrifice, mais ‘inadjectivable’, avec un certain détachement comme il n’y a ni commerce ni foi – loin après la lutte, mots s’agitent fagotés dans leurs légendes incroyables, et peinent … seulement peinent (j’ai lu le livre Corps et s’apparente à une atonie axiale, tête à prière qui ne voit ni barreau ni mur, condamnée à l’en-marche et se lève) se fait entendre la fête sans type derrière les ombres, au cœur des espèces rocailleuses la chamade empresse de couper court à tous les liquides – ça monte comme au déluge, prêt à fondre – les pré- et les pro- visions s’estompent dans la cerne et gèle une certaine pédagogie de la mondialité où seule foudre à sa place et son débit.»

Texte pour le Wonder Saint-Ouen (Du sang, du labeur, des larmes, de la sueur)

 Wonder: le Naître Miné


Temps des renouveaux, époques à dévorer les naissances – cannibalisme de masse où conduit à embout la mélasse des sous-terres transite jusqu’à l’occlusion monétaire d’une révélation anale. Enquête d’une constipation où enfin, le dit «enfin!» pétaradera fièrement devant le tri enfiévré des possibilités finales - bercements de promesses, ballottements de couches curieuses, cloches qui ondulent avec lourdeur à l’extrémité de leur ferraille vertébrale, une première nourriture de sablier où l’estomac cousu de désirs n’est qu’un sac rempli de sable; que le yoga construise le corps souple et que la métaphysique disloque les terrains mentaux, vers le haut, que les chakra donnent de l’ayahuasca aux bornes de retraits, et fassent vomir des chiffres papiers pendant des lunes et des lunes, rien ne retirera le débit continuel de la jeunesse et des formes incréés, la tyrannie des singularités pré-conscientes, l’effritable , le granulable, l’inconnu gélatineux qui porte et transmet l’effort d’un pas à l’autre, d’un billet après l’autre, mot doux et caressé dans le vertige tellurique d’une aube radicalement nouvelle et d’un feu radicalement autre – et cela se gomine et s’engonce dans un trou de ver cynique, disparaît dans un vent, aspiré dans l’éther; voilà pourquoi l’homme ne naît que chair clouée aux vertèbres d’acier, vertèbres rivées aux colonnes de gaz – pas après pas, soudé et sans soudain, dans le vif charbon, la sueur et les larmes.

Texte pour le trio Dasein (lien plus bas)




C’est le là. La liaison au présent est fictionnelle [ problème soulevé haut de la datation du non-moléculaire, de l’engendrement-aire, que l’on complète et qui n’arrête de suffixer – et s’arrête;
dans la découpe et la recoupe des tranches livresques à paginer la lune, et des machines à trancher la vie en points disparates de jour et à courber, question posée à ce qui n’a pas de grammaire, à un Passé Composé coincé en pied de page, qui coud le tout pour le tout, dans l’in-formation de ce qui ne pourra se plier, lui aussi, à ce qui ne se laisse plus bas Faire, dans la chair de nos corps irradiés]. Ce n’est qu’une mise en quarantaine.

«et la tête de tomber»

– les coupures font chair des ellipses dans le corps; du bruit sans fond il s’éprend; quoique lointaine, toujours une certaine perception … (si proche!)... de la distance s’installe là où le déchirement instaure le déplacement perpétuelle, et dit: parler de ce que l’on ne parle pas, la langue qui s’agite sans se nouer sur elle-même, et quelque fois fourche laissant dans la bouche où sens trace sa route, un âpre et traînant, goût de sang dont on sait qu’il agit de fer, et la guerre pourra -espérance- déclarer:
Et cela a été fait, et continue d’avoir été fait d … (d’insistance) – du passé néanmoins on ne l’entend pas, à jamais.

FIN

- et le «Dieu a gueule de chien noir» donne toujours la même satisfaction d’une phrase qui chiffre ses dates et renvoyant aux tableaux élémentaires, mais il ne défend, ni n’aboie... – L’écriture précède l’aoriste et la datation au carbone14 dans l’hallucination de l’éveil, plus en arrière; le faon, de peur, se retourne voir la chute du soleil, coupable d’être et d’avoir été en un sens, son avers, de ne pas réussir à aboyer, c’est un fait, enfin ce n’est plus à faire [c’est une question de chasse - Récupérer ce que d’un soi l’on se perd, et se fait Soi par là – on divague parmi pierres et les exuvies anciennes dans les phéromones du Moi qui se dresse, comme montagnes et faon, vidés en arrière et reviennent, à la charge vers la tanière pour faire festin du noir, revenir dans l’INTIMO-MEO, au plus profond de l’in-chimie dans la seule présence que permet de radio-activer les différences pour le compte de ce qui n’a ni forme ni matière.]

MORCEAUX MORDUS: Un être posé face au monde, présentiel, et c’est l’inquiétude – l’abysse de l’être dévoré d’une remontée métaphysique, ad infinitum, qui se latinise dans la poussière, l’abysse de l’être-là qui porte à bout de ça la liberté de fonder son Faire, et qui s’éteint pour dit dans la rumeur de la matière; Jamais laisser pour compte ce qui ne cesse de débiter, l’être-là, et toujours (tiret)avec, là, où il peut se greffer – puisqu’il ne porte dans son trait sans physique que l’empreinte de ce qui n’étant lignant que lié, n’est rien qu’une rechute lorsqu’il est dessoudé – il ne conserve qu’itération de ce qui mord la ligne avant d’être queue; rien d’autre que les vibrations des temps à coudre et des corps à irradier, sous les stigmates d’une lutte sans peuple et de guerre sans armée. Là, dans le centre droit des créatures, là le Dasein se fait.

Il A ÉTÉ, À JAMAIS.

mais il glisse; pas un terrain qu'il se puisse jouer

un temps, un temps - et cela revient rêvé

J'ai fraîchis - mais puis-je y dire?

Incomplet; (!) jacta est

et le temps est jeté

Tirant encore premier.

***

Payer les pleureuses
sur la tombe des Métaphores
tout ce qui se dit d'autre
ne peut être Voir
On verbalisa les larmes

***

N'est pas place qui n'est -ienne
Proclamé Roi à l'âge de naître
Une couronne avant toute dent
prêt à mordre le dépassant


***
Toute solution possédée, clés manuelles - dans la main, dans le corps, dans la chair, et le ralentissement, virgule, vitesse en croisière; reviendra? avant que les gonds ne se servent, d'eux-même, comme des grandeurs indignes- mais les mères n'existent pas; se casse à l'intérieur et souvent en deux. Ça et Aller ensemble. Un pas plus en arrière.
***



Thursday, June 23, 2016

Dé-conte 1 : L'ignorante.

Jeu de langue cruel, un «ne plus penser» qui célèbre avec son autre – fidèle destrier- les noces, menacées de têtes divinement abattues, d'une union romantiquement siamoise des contraires.

Le rebours de la montre, lorsque manipulé habilement par l'index approbateur du roi, donne à l’œil qui voyeur pénètre et prend le monde – pour soi- le spectacle supplémentaire et si juvénilement bas des révolutions aux bois solaires. Ainsi à l'orée de la forêt que l'on peint volontiers de ténèbres étoffés, la bascule du cheval sur la terre que l'on montre du doigt, renverse la petite fille enfourchée par les voix des pères dans la mobilité lumineuse de l'effroi.

Des circonlocutions absurdes, monstres pathétiques, douleurs aux paroxysmes de l'alitement, produisent et enfilent dans l'envers troué de la chair la fatigue fluidique des songes et la microphysique des os brisés comme seul matin possible de cette très petite fille moléculaire. La découverte de la douleur est coextensive à la naissance lourde d'un plus vaste déchirement – cri d'un tel écartèlement de cordes et de telles écarts de fréquences qu'il se déchire en vents et marées et imprime la tessiture de ses lésions dans la texture sensible de la forêt – l'esprit aux os de verres fait sur ses doigts le compte des trônes à reconstruire et le nombre de pots encore fêlés, établit le tribunal de ses causes et la figure du preux chevalier.

Livre fermé, rideau baissé, yeux révulsés dans la logique des cordes, parlons: Par contamination de l'espace, l'ère pré-doloriste n'est atteignable, de pans de chairs en pans de terres, que dans l'usage d'une pensée dés-organiste qui modèle les formes des histoires. Liant une forêt à l'autre comme le trait vif d'une rivière où les réalités disjointes et duelles dansent dans cette quasi-signifiance aqueuse, elle entraîne avec elle les corps trop certains et trop fiers éjectés entiers par la grande histoire forestière.
Voilà de quoi la laisser coi, cette petite.

Va et vient qui se promène le long du peu profond ruisseau des rêves où le mollet rosé s'enfonce, pensée qui fraye passage dans le chair spongieuse du sens que l'on touche d'abord avec les yeux d'une gueule faite de bois – colon colonisé, verges éplorées, chacun chacune clés de mondes réversibles, uns et autres, tout en orgue d'objets finis et séries d'images spéciales et qui par leur irréductible somme de contacts capillaires tressent l'interminable machinerie d'une pensée millimétrée, décomposable, carrelée sur la chair même, positionné dans une envergure de possibles comptines pour lesquels Corps, Esprit et Âme ne sont que des divins totems, poupées de mères et d'ancêtres, régimes succincts de motricité, trinité d'air, de murs et d'envers, sans cesse excités jusqu'à l'hystérie par l'exercice d’aplanissement total sur la grille d'un bio sans organe, où la petite fille, la plus grande, le loup ou le roi, confondus dans la genèse des singuliers moments de l'histoire, se disjoignent dans le bruit immédiatement sombre de la forêt noire.

Le silence des monades Partie II : 0617489259


Le silence des monades. PARTIE II: Laisser des signes, décrypter les messages.

* réécriture de l’histoire individuelle via le dérèglement d’objets technologiques – messages laissés sur la boîte vocal – l’exercice doit être fait avec une certaine spontanéité (pas de préparation préalable), il s’agit de messages destinés à quelqu’un à qui l’on a manqué de dire, à un soi qui ne cesse de ne s’épancher, à un prochain pas encore advenu, ou à un lointain qui ne cesse de s’enfuir...

*l’idée étant que la confrontation avec une boîte vocale provoque une situation d’énonciation originale, portant la marque de la confidence, le sceau de l’intimité – la confrontation indirecte avec le destinataire et directe avec la machine tamise la lumière du discours, qui se fait soudain plus intime, plus apaisé ou plus frénétique.

* Le téléphone utilisé est éteint. Chaque lundi les messages sont prélevés sur la boîte vocale entre 14h et 18h, et organisés en dialogues, en échanges, en monologues isolés, mis en scène par écrit comme une communication aux énonciateurs anonymes et à la destination impossible.

* L’idée est de réinvestir l’espace technologique, et de repeupler ses boîtes – alors que le téléphone condamne ses utilisateurs à une proximité captieuse où les voix se répondent dans un simulacre de face à face malgré les kilomètres qui les séparent, la boîte vocale confère à cet outil la puissance d’un don unilatéral. A l’instar d’une part maudite, d’un excédent d’énergie et de paroles que l’on sacrifie au plus vite lors de transport festif, le message déposé ici n’est destiné qu’au cosmos des opérateurs et aux relectures des anthropologues téléphoniques: ce projet est celui d’une plume comme outil à détecter le sens mais celui surtout d’une voix luttant en héros face au silence des machines.

*
"Il n’y a rien à dire
rien que le silence des monades
Une boîte vocale où tout est permis"
 0617489259

Tuesday, May 31, 2016

Le silence des monades : partie I

[Une dizaine d'écrivains - pour la première session]
 
Alors même que notre héritage est continuellement soumis aux simplifications les plus frustes et aux testaments les moins partiaux, la clause de réalité médiatique a rendu incontestable la sélection des faits qui le composent. 

Entre une Histoire que l’on remplace par ses lectures politiques, et une Histoire que l’on ne peut soit disant réécrire, il y a l’injustice bien vécue d’une majorité sans écran, et qui ne peut la toucher qu’avec les yeux. 

La remise en cause de la légitimité des acteurs ne limite pas la propagation de l'amnésie. Face à l’hécatombe généalogique, où guerres et peuples sont absurdement et civilement brassés dans l’abattage des langues de bois, la viralité d’un même scandale permet d’administrer une mémoire des mondes en façonnant ce que l’on ne pourra bientôt plus voir.

Compte rendu d'une intensité, paramétrage d'une épopée; l'événement survenu à jamais, récit d'une fin qui ne peut que s'enrouler.



* recueils de notes fictives, témoignages imaginés, interview autour d'événements se déroulant durant une période précise de l'histoire; une date et un lieu sont confiés à l'auteur. Celui-ci sélectionne la personnalité, l'objet, la chose, l'invention, l'outil technique etc.. de son choix, contemporain de cette date, et constitue le témoignage de ses effets, les notes de son évolution, le compte rendu de son existence.
*le projet est relancé chaque semaine avec trois dates différentes; chaque mois est ponctué d'une Nouvelle Histoire des ILS, récapitulatif d'événements sous forme de compte rendus.
* INTERVENTION PERFORMANCE : laisser les comptes rendus historiques dans les écoles, lycées, universités, bibliothèques - les disposer dans la cours, dans les salles...


Monday, May 30, 2016

Eparses

témoignages d'une apocalypse fictive



1943 - Rodez : Ciel criblé de lettres, corps sous-pesés de fer - nerfs assouvis dans les circuits électriques; un homme écrit des Correspondances envoyées par le bistouri de l'anti-matière. S'agissant de fluide fécal et d'un monde en tour carré, il revient à l'ère glaciale d'un crâne physiologiquement miné.

550 av JC - Samos : Les planètes se négocient dans le monde sublunaire - entrée dans la danse; histoires fugaces d'un feu qui, lui, bel et bien brûle. Autour, se décrit le cercle parfait des incorporels et des rapports d'un sexuel géométrique où est frappé la monnaie des enfants esclaves.

1995 - Londres :  La lettre A, la lettre B, la lettre C, la lettre M sortent de l'alphabet - endossent la responsabilité de la tragédie d'une chair sans os et d'un sang qui ne rougeoie pas; la question de l'effet, la réponse de l'origine deviennent tangibles lors de rares intervalles.

(...)