Le
silence des monades. PARTIE II: Laisser des signes, décrypter les
messages.
*
réécriture de l’histoire individuelle via le dérèglement
d’objets technologiques – messages laissés sur la boîte vocal –
l’exercice doit être fait avec une certaine spontanéité (pas de
préparation préalable), il s’agit de messages destinés à
quelqu’un à qui l’on a manqué de dire, à un soi qui ne cesse
de ne s’épancher, à un prochain pas encore advenu, ou à un
lointain qui ne cesse de s’enfuir...
*l’idée
étant que la confrontation avec une boîte vocale provoque une
situation d’énonciation originale, portant la marque de la
confidence, le sceau de l’intimité – la confrontation indirecte
avec le destinataire et directe avec la machine tamise la lumière du
discours, qui se fait soudain plus intime, plus apaisé ou plus
frénétique.
* Le
téléphone utilisé est éteint. Chaque lundi les messages sont
prélevés sur la boîte vocale entre 14h et 18h, et organisés en
dialogues, en échanges, en monologues isolés, mis en scène par
écrit comme une communication aux énonciateurs anonymes et à la
destination impossible.
*
L’idée est de réinvestir l’espace technologique, et de
repeupler ses boîtes – alors que le téléphone condamne ses
utilisateurs à une proximité captieuse où les voix se répondent
dans un simulacre de face à face malgré les kilomètres qui les
séparent, la boîte vocale confère à cet outil la puissance d’un
don unilatéral. A l’instar d’une part maudite, d’un excédent
d’énergie et de paroles que l’on sacrifie au plus vite lors de
transport festif, le message déposé ici n’est destiné qu’au
cosmos des opérateurs et aux relectures des anthropologues
téléphoniques: ce projet est celui d’une plume comme outil à
détecter le sens mais celui surtout d’une voix luttant en héros
face au silence des machines.
*
"Il
n’y a rien à dire
rien
que le silence des monades
Une boîte vocale où tout est
permis"
0617489259
No comments:
Post a Comment