Jeu de langue cruel, un «ne plus penser» qui célèbre avec son autre – fidèle destrier- les noces, menacées de têtes divinement abattues, d'une union romantiquement siamoise des contraires.
Le rebours de la montre, lorsque manipulé habilement par l'index approbateur du roi, donne à l’œil qui voyeur pénètre et prend le monde – pour soi- le spectacle supplémentaire et si juvénilement bas des révolutions aux bois solaires. Ainsi à l'orée de la forêt que l'on peint volontiers de ténèbres étoffés, la bascule du cheval sur la terre que l'on montre du doigt, renverse la petite fille enfourchée par les voix des pères dans la mobilité lumineuse de l'effroi.
Des circonlocutions absurdes, monstres pathétiques, douleurs aux paroxysmes de l'alitement, produisent et enfilent dans l'envers troué de la chair la fatigue fluidique des songes et la microphysique des os brisés comme seul matin possible de cette très petite fille moléculaire. La découverte de la douleur est coextensive à la naissance lourde d'un plus vaste déchirement – cri d'un tel écartèlement de cordes et de telles écarts de fréquences qu'il se déchire en vents et marées et imprime la tessiture de ses lésions dans la texture sensible de la forêt – l'esprit aux os de verres fait sur ses doigts le compte des trônes à reconstruire et le nombre de pots encore fêlés, établit le tribunal de ses causes et la figure du preux chevalier.
Livre fermé, rideau baissé, yeux révulsés dans la logique des cordes, parlons: Par contamination de l'espace, l'ère pré-doloriste n'est atteignable, de pans de chairs en pans de terres, que dans l'usage d'une pensée dés-organiste qui modèle les formes des histoires. Liant une forêt à l'autre comme le trait vif d'une rivière où les réalités disjointes et duelles dansent dans cette quasi-signifiance aqueuse, elle entraîne avec elle les corps trop certains et trop fiers éjectés entiers par la grande histoire forestière.
Voilà de quoi la laisser coi, cette petite.
Va et vient qui se promène le long du peu profond ruisseau des rêves où le mollet rosé s'enfonce, pensée qui fraye passage dans le chair spongieuse du sens que l'on touche d'abord avec les yeux d'une gueule faite de bois – colon colonisé, verges éplorées, chacun chacune clés de mondes réversibles, uns et autres, tout en orgue d'objets finis et séries d'images spéciales et qui par leur irréductible somme de contacts capillaires tressent l'interminable machinerie d'une pensée millimétrée, décomposable, carrelée sur la chair même, positionné dans une envergure de possibles comptines pour lesquels Corps, Esprit et Âme ne sont que des divins totems, poupées de mères et d'ancêtres, régimes succincts de motricité, trinité d'air, de murs et d'envers, sans cesse excités jusqu'à l'hystérie par l'exercice d’aplanissement total sur la grille d'un bio sans organe, où la petite fille, la plus grande, le loup ou le roi, confondus dans la genèse des singuliers moments de l'histoire, se disjoignent dans le bruit immédiatement sombre de la forêt noire.
Thursday, June 23, 2016
Le silence des monades Partie II : 0617489259
Le
silence des monades. PARTIE II: Laisser des signes, décrypter les
messages.
*
réécriture de l’histoire individuelle via le dérèglement
d’objets technologiques – messages laissés sur la boîte vocal –
l’exercice doit être fait avec une certaine spontanéité (pas de
préparation préalable), il s’agit de messages destinés à
quelqu’un à qui l’on a manqué de dire, à un soi qui ne cesse
de ne s’épancher, à un prochain pas encore advenu, ou à un
lointain qui ne cesse de s’enfuir...
*l’idée
étant que la confrontation avec une boîte vocale provoque une
situation d’énonciation originale, portant la marque de la
confidence, le sceau de l’intimité – la confrontation indirecte
avec le destinataire et directe avec la machine tamise la lumière du
discours, qui se fait soudain plus intime, plus apaisé ou plus
frénétique.
* Le
téléphone utilisé est éteint. Chaque lundi les messages sont
prélevés sur la boîte vocale entre 14h et 18h, et organisés en
dialogues, en échanges, en monologues isolés, mis en scène par
écrit comme une communication aux énonciateurs anonymes et à la
destination impossible.
*
L’idée est de réinvestir l’espace technologique, et de
repeupler ses boîtes – alors que le téléphone condamne ses
utilisateurs à une proximité captieuse où les voix se répondent
dans un simulacre de face à face malgré les kilomètres qui les
séparent, la boîte vocale confère à cet outil la puissance d’un
don unilatéral. A l’instar d’une part maudite, d’un excédent
d’énergie et de paroles que l’on sacrifie au plus vite lors de
transport festif, le message déposé ici n’est destiné qu’au
cosmos des opérateurs et aux relectures des anthropologues
téléphoniques: ce projet est celui d’une plume comme outil à
détecter le sens mais celui surtout d’une voix luttant en héros
face au silence des machines.
*
"Il
n’y a rien à dire
rien
que le silence des monades
Une boîte vocale où tout est
permis"
0617489259
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